Grain de Poivre du 17 mars – Jean-Luc Gadreau – Fusion de clubs et affaire de gros sous

Les deux derniers champions de France de rugby, le Stade Français et le Racing Métro, vont fusionner en un club… Petite plongée sans langue de bois dans le monde du sport avec Jean-Luc Gadreau !

 

Phare FM : On parle fusion du côté du rugby ce matin, et implosion du côté de Jean-Luc Gadreau, notre chroniqueur… Bonjour !

Grain de Poivre : Pas de politique aujourd’hui dans mon Grain de Poivre, mais comme la dernière fois où je parlais du slogan des JO, du sport ! Je vous parle aujourd’hui de la réunion d’urgence proposée par La Ligue nationale de rugby, suite au projet de fusion entre les entités professionnelles du Stade français et du Racing 92 annoncée lundi dernier, et du vote par les joueurs du Stade français d’une grève illimitée pour protester contre ce projet… grève annoncée dès demain, prochaine journée de Top 14.

Phare FM : Ouh là là… De quoi s’agit-il Jean-Luc ? C’est quoi cette fusion, et ce mécontentement ?

Grain de Poivre : Alors pour faire simple, on a appris que les deux derniers champions de France de rugby, le Stade français (sacré en 2015) et le Racing Métro (2016) vont donc « fusionner », pour reprendre la terminologie officielle des deux clubs. Ce sont donc les deux clubs franciliens qui sont en jeu. Et c’est une vraie bombe qui est tombée là sur le rugby français.

Phare FM : Pourquoi ?

Grain de Poivre : Je ne peux pas faire le tour de la question surtout en moins de 3 minutes parce que c’est compliqué. En gros,  le problème majeur c’est qu’encore une fois, derrière tout ça, et avec beaucoup de faux-semblants et de « on vous prend pour des zozos »… se cache SURTOUT une sale histoire de gros sous. Et derrière les pépettes, quelques riches individus malintentionnés, je parle là en particulier de Jacky Lorenzetti et Thomas Savare, respectivement présidents du Racing et du Stade Français. L’un veut développer son club à tout prix, l’autre veut s’en débarrasser. L’un veut pouvoir assumer son ambitieux projet de l’Arena 92 (nom de leur  futur nouveau stade), l’autre qui sous la pression familiale souhaite se désengager financièrement. Et je fais simple sans rentrer dans les détails qui risqueraient de donner la nausée à nos auditeurs dès le début de journée…

Phare FM : Pourquoi ça vous rend malade, si je puis dire ?

Grain de Poivre : Parce que c’est un peu du n’importe quoi quand on connaît les deux clubs.  

C’est un peu comme vouloir fusionner en football l’Olympique Lyonnais et St Etienne. On est pas loin d’avoir d’ailleurs à peu près la même distance ou du moins le même temps pour aller d’un stade à un autre aux heures de pointe… Je note l’amusante réaction d’un supporter du Stade Français qui a dit : « Le rugby est un patrimoine national, comme les phares en mer, le camembert où la tourtière landaise; c’est à ce titre que ses structures les plus emblématiques devraient être protégées. »

Phare FM : Vous le disiez tout à l’heure… L’argent et le sport, c’est une histoire qui dure, non ?

Grain de Poivre : Hélas oui, avec une contamination à laquelle peu de sports échappent encore… Soyons réalistes ! La question de l’argent est inévitable aujourd’hui. Et il permet aussi à certains clubs de pouvoir avoir une présence internationale. Mais on ne peut mettre de côté quelques fondamentaux qui tiennent à l’histoire, qui tiennent au jeu en particulier, qui tiennent aux supporters.

Et puis vouloir fusionner… c’est un mot que je n’aime pas. Une expression qui sent la mort et non la vie. Si l’unité est une valeur honorable et souhaitable, la fusion fait disparaître l’identité de l’un et parfois de l’autre… enfin pas toujours car la fusion est aussi souvent une absorption, voir une exécution en costume de soirée.

Quand il y a mariage “pour le meilleur”, c’est dans l’unité que le couple doit se construire. Jamais sur la fusion ! Car chacun a sa place et son rôle et la nouvelle entité naissante du mariage est pleine des deux qui viennent la construire, sans disparaître mais pour mieux renaître ensemble.

Et nos 2 affreux jojos de l’ovalie parisien n’ont rien compris à ça… et c’est bien dommage !