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Grain de Poivre du 03 mars – Jean-Yves Peter – 500ème anniversaire de la Réforme (partie 3)

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Grain de Poivre du 03 mars – Jean-Yves Peter – 500ème anniversaire de la Réforme (partie 3)
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3e et dernier volet de ce Grain de Poivre avec notre chroniqueur Jean-Yves Peter,  consacré aux 500 ans de la Réforme : que retenir, aujourd’hui, concrètement, des principes instaurés par Martin Luther ? Ont-ils impacté notre société ?

 

Phare FM : Jean-Yves, on s’interroge sur les principes du protestantisme proclamés notamment par Martin Luther, et sur ce que ces principes ont apporté à l’Église et à notre société aujourd’hui concrètement. Que voulez-vous aborder aujourd’hui ?

Chroniqueur : Je veux parler d’un principe proclamé comme le principe même de l’Église, et plus largement de la vie en collectivité ! Mais je vous préviens, ce principe porte un nom un peu barbare, et plutôt imbuvable – : il s’agit du Sacerdoce universel des baptisés…  Vous voyez que j’ai bien fait de vous prévenir !

Phare FM : C’est quoi concrètement ?

Chroniqueur : En langage compréhensible, un sacerdoce c’est une mission, “universel” veut dire “par tous”, et les baptisés sont les membres de l’Église. Sacerdoce universel des baptisés devient donc : Mission de tous les membres de l’Église. La Réforme protestante rappelle et affirme que tous les membres de l’Église – tous les chrétiens – partagent la même mission.

Phare FM : Et quelle est cette mission ?

Chroniqueur : C’est la mission de témoigner de Jésus, d’annoncer au monde que Dieu est venu en Jésus sauver, délivrer les hommes. Tous les hommes. L’Église ne sert qu’à annoncer cela.

Et donc, ce que le protestantisme a réaffirmé par ce principe, c’est que la mission de l’Église, c’est l’affaire de tous les chrétiens, qui reçoivent tous le même baptême en signe de cette mission à la fois personnelle et commune. Autrement dit, Jésus n’a pas formé une Église pour qu’elle s’occupe des chrétiens, mais  il a appelé des hommes et des femmes pour qu’ils s’occupent ensemble d’annoncer l’Evangile !

Phare FM : Pourquoi fallait-il réaffirmer cela ?

Chroniqueur : Parce qu’à cette époque, on en était venu à considérer que l’Église, c’était le clergé, c’est à dire le pape, les évêques et les prêtres, qui s’occupent des chrétiens, de leur comportement religieux et social. L’Église était finalement devenue ce à quoi il faut obéir. Ce qui a conduit ce clergé à parler et agir au nom de Jésus, et puis finalement à la place de Jésus. C’est ce contre quoi Luther a protesté (en dénonçant le commerce par Rome de la grâce de Dieu).

La Réforme rappelle que l’Église, ce n’est pas un clergé, c’est un peuple. Bien sûr, on peut s’occuper d’autrui avec dévouement, et c’est parfois nécessaire et bienfaisant ; ce n’est pas la question. C’est une question de principe, de ce qu’est la vocation de l’homme, et la vocation d’un homme, ce n’est pas qu’on s’occupe de lui mais c’est de s’occuper du monde ; ce n’est pas d’être dépendant, mais responsable. C’est ce qu’affirme ce principe de la mission de tous les chrétiens ; et c’est bien d’ailleurs un principe chrétien, pas seulement protestant.

Phare FM : Est-ce que ce principe a apporté quelque chose à notre société ?

Chroniqueur : Si je vous dis : chaque citoyen est responsable de la société, appelé à s’engager dans l’action et le devenir collectif ; comment diriez-vous cela, en un mot ?

Phare FM : Ce ne serait pas… la démocratie ?

Chroniqueur : Exactement. L’État démocratique, ce n’est pas l’État qui s’occupe de moi, mais c’est avant tout l’État dont je m’occupe, avec tous ceux qui y vivent avec moi. C’est la mission de tous les citoyens, comme l’Église est la mission de tous les chrétiens. Louis XIV, qui se considérait volontiers comme le pape de la France, disait : L’État c’est moi. Jésus, lui, dit à ceux qui l’écoutent : l’État, le monde, la création, c’est vous, c’est votre affaire, votre responsabilité, à chacun d’entre vous et à vous tous ensemble. La responsabilité que nous exprimons par notre vote ; vous voyez, c’est d’actualité !

Mais en plus de cette responsabilité, Jésus donne aussi aux chrétiens la force et le courage de l’assumer. D’être ensemble l’humanité qui se prend en charge et qui avance.