Grain de Poivre du 08 février – Frank Lafferrière – Le monde dans lequel on vit est bien étrange

Et si les grand problèmes de notre monde n’étaient ni politiques, ni économiques ?

 

Phare FM : Ces  paroles  tirées  d’une  chanson de  Gilbert  RINGENBACH vous  ont  inspiré  la  chronique d’aujourd’hui. Ce qui pour vous est le plus grand problème ne serait ni politique ni économique, expliquez-vous.

Chroniqueur : Oui. Selon moi, le vrai mal est la CONFUSION . Le bien est devenu ringard, le mal est sans cesse cité,  l’argent, jadis monnaie d’échange est devenu le maître absolu auquel on sacrifie terres et hommes au nom du sacro-saint profit.

Phare FM : Pour vous, il y a deux choses à prendre en considération : le fait de confondre, et celui d’être confus.

Chroniqueur : Un exemple pour ce qui est de confondre, durant mon service militaire en tant qu’infirmier de 1ère  classe, j’ai vu toute une compagnie de jeunes  recrues  de  l’armée  de l’air  me rendre les honneurs  par  le  simple  fait  qu’il  avaient confondu mes insignes du service de santé de l’armée française avec ceux d’un sous-officier. Il est des confusions moins flatteuses et plus gênantes comme le fait de  confondre , en public, une jeune femme avec sa mère…ça aussi c’est du vécu.

Phare FM : Et alors que voulez-vous dire par “être confus” ?

Être confus -dans un état de confusion-. Je parle là de  confusion mentale, maladie mal connue qui peut  avoir  une  origine  toxique,  infectieuse,  traumatique  ou  émotionnelle. Pathologiquement parlant, les pensées sont brouillées, désordonnées. Faisons un parallèle avec notre société, si vous le voulez bien.

Phare FM : Allons-y pour le tableau clinique !

Chroniqueur : Je vais vous le donner sous la forme d’un improbable rassemblement scout :

  1. Une baisse de la vigilance, comme les Marmottes somnambules : On est bien dans son petit confort, ou mal dans son inconfort, on se laisse bercer pour ne pas dire anesthésier et on ne prend plus garde à rien
  2. Une désorientation dans le temps et dans l’espace, comme les Hulottes nostalgiques : On reste sur les acquis, dans le regret des trente glorieuses en lorgnant sur le champ d’à côté
  3. Une amnésie de fixation, comme les Étourneaux obstinés : On est tellement fixé sur le trivial, qu’on en oublie ce qui est vraiment essentiel
  4. Un onirisme avec hallucinations terrifiantes, comme les Roquets hargneux : On  rêve toujours à plus en redoutant de tendre la main des fois qu’un SDF ou un réfugié prenne tout
  5. Un syndrome de déséquilibre biologique, comme les Moutons trembleurs : Ulcère de l’estomac,  stress,  dépression,  insomnie,  dépendances et  autres pathologies

Phare FM : Sympathique tableau ! Ce syndrome confusionnel peut-il disparaître selon vous ?

Chroniqueur : Oui, si la cause organique est guérie, et l’équilibre rétabli. Avouons-le tout de suite, les faits de société, les faits divers, les aléas de la politique sur fond de battage médiatique catastrophiste ne rendent pas facile le retour  à l’équilibre. Quand en plus ceux qui dirigent notre monde ont l’air de marcher sur la tête… Être confus est aussi synonyme d’être honteux, vous me direz qu’en voyant le monde, il y a souvent de quoi. Paul, quand il cite l’ancien testament dans la Bible à propos de Jésus, dit la chose suivante : «  …Et celui qui croit en Lui ne sera pas confus ». C’est sans doute le meilleur traitement à consommer sans modération !