Grain de Poivre du 12 janvier – Eric Lemaitre – L’interdiction de la fessée

La fessée : vraie maltraitance ou simple correction ? Eric Lemaitre réagit à cette loi votée en France qui a tant fait débat ces derniers temps !

 

Phare FM : Depuis le 22 Décembre dernier, donner une fessée à son enfant est interdit par la loi en France ! Ce sont plus précisément les “châtiments corporels” qui ont été interdits par la loi “Egalité et Citoyenneté” votée par le Parlement français : il y est spécifié : « l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ». Vous faites peut-être partie de ceux qui ont été choqués par cette interdiction… On décrypte ça avec vous Éric !
En adoptant cette loi, Éric, vous ne pensez pas qu’au fond, ce soit une bonne chose que de vouloir prévenir toute maltraitance contre l’enfant ?

Chroniqueur : Vous avez parfaitement raison Sandrine, la maltraitance désigne les actes malveillants qui   traumatisent l’enfant, le blessent physiquement ou psychiquement. La maltraitance est un abus de pouvoir. Elle joue incontestablement un rôle perturbateur majeur. La maltraitance désigne une lésion physique ou psychique. La maltraitance couvre toutes sortes de situations humiliantes, concerne toutes les formes d’atteintes qui peuvent non seulement meurtrir l’enfant mais également l’adulte ou la personne avançant dans l’âge. Alors oui il est parfaitement légitime de condamner les gestes violents et malveillants.  

Phare FM : Vous parlez de maltraitance Éric, et vous ne parlez pas de correction, c’est volontaire ? Faites-vous une différence entre la maltraitance et la correction ?

Chroniqueur : Vous l’avez en effet bien noté Sandrine, je n’ai pas utilisé le terme de correction mais j’ai plutôt utilisé le terme de maltraitance. Vous avez sans doute remarqué que nous n’usons plus de nuances pour désigner les mots, or les mots ont selon moi leurs propres poids et leurs propres tonalités. Correction signifie redresser, ramener à la règle, rectifier, apporter un remède quand il est jugé nécessaire. Ainsi corriger n’est pas nécessairement maltraiter, ne confondons pas tout. Un Père et une Mère sont heureusement appelés à corriger leurs enfants et leur rappeler les règles pour éviter les actes déviants.  

Phare FM : Mais les parents peuvent-ils tout de même user de la petite tape sur les fesses pour avertir, corriger ?

Chroniqueur : En tant que père je l’ai fait Sandrine, je pense qu’un enfant sait quand il a désobéi. Quel enfant se roulant par terre dans un supermarché en plein ‘ caprice’ ne sait pas … que ce n’est pas correct ? Et plus grave, s’il n’est pas repris, comment verra-t-il cette autorité qui le laisse tout faire ?  Il faut savoir discerner en tant que parents, ce qui mérite une mise au point, un rappel, une éventuelle correction, et ce qui relève de la pure étourderie. Il faut avoir une certaine sagesse pour ne pas reprendre dans la colère et surtout, ne pas se laisser aller à la violence qui frappe.        

Phare FM : Mais à légiférer sur la fessée, ne pensez-vous pas que l’état s’immisce dans les affaires de famille ?

Chroniqueur : Oui et il est parfaitement légitime de s’en inquiéter, à vouloir tout normaliser on pourrait avoir l’impression qu’on ne fait aucune différence entre des parents seulement excédés et fatigués, et des parents dangereux, voire malades, qui pratiquent une véritable maltraitance sur les enfants. Il convient de ne pas interdire les gestes symboliques qui sauvent les enfants des dérives possibles et demain des barbaries. À force de « décréter » les comportements plutôt que d’éduquer et de transmettre, nous pourrions aboutir aux effets contraires et assister à l’émergence d’une société violente car exaspérée de ne plus posséder de repères.