Grain de Poivre du 15 décembre – Guillaume Bourin – Alep

Guillaume Bourin nous partage un beau message d’espoir malgré tout ce qui se passe à Alep en ce moment !

 

Phare FM : C’est bientôt Noël, et on se réjouit. Pourtant, au vu de ce qui se passe en Syrie en ce moment, vous êtes plutôt d’humeur dépitée Guillaume ?

Chroniqueur : Oui je le suis, et si je le suis, c’est parce que Noël approche, qu’au même moment Alep s’écroule avec fracas, se refermant comme un piège sur ses habitants. On aimerait que la chute de cette ville aux mains du régime d’Assad soit l’épilogue de cette guerre, que dis-je, de ce charnier à ciel ouvert que sont devenus la Syrie et l’Irak. Mais malheureusement la situation dans ces deux pays reste bien précaire, et ce sont comme toujours les populations civiles qui paient le plus lourd tribut…  

Phare FM : Pourquoi exprimer votre profond dépit maintenant, Guillaume ?

Chroniqueur : Parce que ce bain de sang dans lequel se termine la prise d’Alep est probablement l’un des pires événements depuis le début du 21ème siècle, et ce malgré le cessez-le-feu qui devrait permettre aux derniers civils et aux rebelles d’être évacués. Songez que la majeure partie des habitants d’Alep-Est, pris au piège, ont déjà péri sous les bombes. Et voilà que toutes les unes des grands quotidiens nous avertissent qu’une épuration politico-ethnique de grande ampleur se profilerait, une sorte de réminiscence des massacres confessionnels des années 1990 en ex-Yougoslavie… Oui, pour reprendre la formule d’un éditorialiste, Alep est devenue « l’un des tombeaux du droit international, de l’ONU, et du minimum de décence et d’humanité ». Et très honnêtement Sandrine, je me demande comment l’on peut encore « croire en l’humanité » au vu de tels événements qui se répètent toujours et encore malgré les leçons de l’histoire.

Phare FM : Existe-t-il une note d’espoir, dans ce tableau si désespéré ?

Chroniqueur : Oui je le crois ! Et ce à quoi je veux me raccrocher. Car finalement, ce constat est complètement en ligne avec les observations que Dieu fit du temps de Noé, en remarquant que la terre était remplie de violence à cause des hommes. Rien n’a changé, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Si Caïn tua son frère, l’humanité du 21ème siècle poursuit cette entreprise suicidaire en s’auto-massacrant.
Mais l’espoir auquel je me rattache, c’est que le message de l’Évangile s’adresse à cette humanité-là. Et alors que nous entamons la dernière ligne droite vers Noël, qui je le rappelle célèbre la naissance, l’incarnation de Jésus-Christ, je veux me souvenir ce qu’il a dit à son propre sujet : « Je ne suis pas venu pour appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance ». L’Évangile, donc, est pour cette humanité qui s’entre-tue. Et l’espoir de l’Évangile, c’est la paix : non pas celle, précaire, des différents cessez-le feu non respectés depuis le début du conflit Syrien, mais celle qui vient de Dieu, parfaite, totale et éternelle. N’est-ce pas cette paix dont l’humanité a tant besoin ?